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RTS,S vaccine: an African medical doctor raises the alarm.

February 1, 2020 - 14:57 -- Pierre Lutgen

 

This document was submitted to us by Jerôme Munyangi, who run the successful large scale clinical trials against malaria with Artemisia plants in Maniema, RDC.

        (Jerome Munyangi et al., Artemisia annua and Artemisia afra tea infusions vs. artesunate-amodiaquine(ASAQ) in treating Plasmodium falciparum malaria in a large scale, doubleblind, randomized clinical trialPhytomedicine, 2019, 57, 49-56)

Our association IFBV-BELHERB shares his concern for his African sisters and brothers. They should not be used as guinea pigs by Bigpharma.

 

 LE NOUVEAU VACCIN CONTRE LE PALUDISME ET MORTALITE DES ENFANTS AFRICAINS.

Le monde se souviendra de la date du 23 avril 2019, du lancement du premier programme de vaccination de routine contre le paludisme en Afrique, ce programme commence par une étude pilote au Malawi. Le contexte général très pertinent de ce vaccin, le RTS, S a été réalisé par GlaxoSmithKline (GSK) en 1987, est entré en développement clinique aux États-Unis au début des années 1990 et une efficacité partielle dans les études de provocation du paludisme a été signalée en 1997. En 2001, il y avait des preuves d'une certaine efficacité à court terme chez les adultes gambiens, mais le produit a presque été abandonné en raison de son efficacité modeste et de sa durabilité limitée. Grâce à un financement public et philanthropique très important (s'élevant aujourd'hui à plus de 0,5 milliard de dollars) complétant les investissements de GSK au cours de la décennie suivante, des essais chez les enfants africains ont été poursuivis, aboutissant à des données de phase III qui ont montré une efficacité d'environ 35% chez les enfants à condition qu'ils reçoivent 4 doses de vaccin, dont trois en dehors des délais de vaccination.

En 2015, le RTS, S Clinical Trials Partnership a publié les résultats de l’essai de phase III du vaccin contre le paludisme RTS, S, comprenant 6537 nourrissons (6-12 semaines) et 8922 enfants (5-17 mois). RTS, S a fourni une protection de 18% (nourrissons) à 36% (enfants) contre le paludisme clinique.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25913272/

La publication des données de cette étude a soulevé des graves problèmes notamment :

  1.  Un nombre nettement plus élevé d'enfants ayant reçu le vaccin antipaludique ont eu la méningite que ceux du groupe témoin qui ont reçu le vaccin antirabique) : 21 sur 5948 dans les groupes RTS, S (avec et sans rappel), et 1 sur 2974 dans le groupe témoin
  2.  Les groupes vaccinés RTS, S présentaient également plus de cas de malaria cérébrale.
  3.  Un taux de mortalité plus élevé chez les patients hospitalisés pour un paludisme grave chez ceux qui ont reçu le vaccin

 

  1. L’équipe du Professeur Christine Stabell Benn a analysé les mêmes données publiées par GlaxoSmithKline, et elle a constaté que les enfants du sexe féminin ayant reçu le vaccin présentaient une mortalité plus élevée que le groupe témoin.

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(15)00693-5/fulltext

C'était inattendu pour un vaccin qui réduisait le paludisme clinique. Cette équipe a supposé que la mortalité plus élevée pourrait être due à des effets négatifs non spécifiques pour les filles, comme cela a été observé pour d'autres vaccins non vivants. Elle a demandé les données par sexe.

En 2016, elle a publié que le vaccin était associé à une légère réduction de la mortalité chez les garçons, mais les filles avaient une mortalité 2 fois plus élevée si elles avaient reçu le nouveau vaccin que si elles ne l'avaient pas fait. C'était significatif en soi dans les deux groupes d'âge.

https://mbio.asm.org/content/7/2/e00514-16

Le danger du Vaccin Antipaludique de GSK : Risque accru de Méningite et le Paludisme Cérébral. Malgré ces dangers gravent l’OMS a décidé de tester ce vaccin auprès de 720.000 enfants Africains Cobayes qui doivent recevoir 4 vaccins antipaludiques entre 5 et 17 mois.

https://www.who.int/wer/2016/WER9104.pdf?ua=1

L’Essai Clinique de GSK viole les règles éthiques de la Recherche Scientifique :

Premièrement les parents / tuteurs des enfants vaccinés ne sont apparemment pas informés du risque accru de décès lors de l'essai de phase III plus 16 000 enfants Africains vaccinés sans consentement : cela n'est pas nécessaire car le programme est structuré comme une activité de "mise en œuvre", et non comme un essai clinique, de sorte qu'aucun consentement individuel n'est requis. Deuxièmement, le programme est dirigé par le personnel de l'OMS (en partenariat avec PATH et GSK), ce qui laisse supposer un éventuel conflit d'intérêts pour l'OMS. L'approbation par l'OMS des études d'intervention a un grand poids dans les pays africains. Troisièmement, le manque d'ouverture totale de GSK sur le signal de sécurité de la mortalité féminine a suscité des inquiétudes . Un argument est qu'il ne s'agissait pas d'un critère d'évaluation prédéfini (ce qui est exact), mais il s'agit d'un signal de sécurité très important s'il est réel.  Quatrièmement, l'absence d'engagement de GSK à fournir la quantité de vaccin requise s'il obtient une autorisation générale, ainsi que les progrès réalisés dans les essais à plus grande échelle d'autres candidats vaccins à efficacité partielle, ont fait craindre que les risques du programme de mise en œuvre soient encore moins justifiés : au moins 120 millions de doses d'un vaccin contre la malaria sont probablement nécessaires pour les seuls enfants africains chaque année, mais GSK semble discuter de la fabrication d'une très petite fraction seulement de cette quantité (en utilisant un adjuvant breveté dont la disponibilité est limitée). C’est avouer que l’on cherche uniquement une clientèle qui peut payer : les touristes Caucasiens et les fonctionnaires des organisations internationales.

Il est possible que le nombre de décès soit sous-évalué parce que : Le vaccin est ajouté au programme de vaccination dans certaines régions, mais pas dans d'autres. Il n'y a pas d'enregistrement individuel des participants.

Les décès sont difficiles à suivre. Par exemple, au Malawi, il n'y a pas de registre officiel des décès, le personnel hospitalier n'a pas systématiquement enregistré les décès à l'hôpital, et pour signaler les décès à l'extérieur de l'hôpital, l'étude s'appuie sur les chefs de village, dont beaucoup sont analphabètes.

Pourquoi l’OMS et GSK s’acharnent à utiliser un vaccin qui réduit tous les épisodes de paludisme mais augmente le risque de la malaria cérébrale, qui a un taux de létalité plus élevé, en particulier si cela signifie que le vaccin n'a aucun effet positif sur la mortalité ?

Le groupe consultatif stratégique d'experts de l'OMS sur la vaccination (SAGE) et l'Agence européenne des médicaments (EMA) ont tous deux déclaré que les signaux de danger pourraient être dus au hasard cet argument est rejeté par les analyses indépendantes des données.

Les documents du SAGE indiquent que l'on s'attend à ce qu'il y ait suffisamment de données pour tester les trois signaux de danger liés à la méningite, au paludisme cérébral et à la mortalité toutes causes confondues.

Il est urgent de trouver des mesures supplémentaires de lutte contre le paludisme. En outre, il y a apparemment des limites à la durée pendant laquelle GSK peut maintenir les activités de fabrication en cours pour fournir les futurs vaccins RTSS, et GSK demande donc une décision rapide.

 Compte tenu des signaux de danger identifiés, il ne devrait pas y avoir ce type de biais dans la décision, l’OMS devrait demander des avis des experts externes.

La jurisprudence : un examen indépendant des données d'essais cliniques qui laissaient entrevoir le risque de dommages pour les enfants avec l'introduction d'un nouveau vaccin contre une maladie tropicale recommandé par le SAGE de l'OMS.  Scott Halstead et ses co-auteurs ont rédigé une lettre adressée au Lancet Infectious Diseases en 2016, intitulée "The risks behind Dengvaxia recommandation », dans laquelle ils préconisaient, sur la base de données montrant des taux d'hospitalisation accrus pour la dengue chez les enfants séronégatifs vaccinés, une approche plus prudente de l'introduction du vaccin aux Philippines.  Le temps montrerait que l'inquiétude de Halstead est fondée, car les données d'études à long terme examinées après le début du programme d'immunisation ont suggéré un risque accru de dengue grave chez les sujets vaccinés avant une exposition naturelle initiale au virus de la dengue.  Le couplage de ces données avec de nombreux rapports du public sur la dengue grave, y compris des cas mortels, d'enfants ayant reçu le nouveau vaccin a conduit au retrait du vaccin du marché philippin et à des citations à comparaître fédérales pour de nombreuses personnes dans le cadre du programme de santé publique.  Plus tragique encore, la confiance du public dans le programme de vaccination a été ébranlée, et les Philippines sont actuellement en proie à une grave résurgence de la rougeole.

Pharmacovigilance ; il n’existe presque pas d’infrastructures de surveillance post-commercialisation des vaccins dans les pays Africains.   Pour leurs intérêts les bailleurs des fonds financent les Programme Elargis de Vaccination, et ceux de la pharmacovigilance ne le sont pas. Cette disparité dans la distribution des ressources a eu un impact sur la détection et la déclaration des effets secondaires des vaccins.

L'étude pilote a été lancée au Malawi en avril 2019, le Ghana et le Kenya ont suivi. Le Directeur de l’OMS avait déclaré que "le vaccin contre le paludisme peut sauver des dizaines de milliers de vies d'enfants". Les médias excités ont salué la possibilité de lutter contre le paludisme.

https://t.co/5lODS8NHDX?amp=1

Cependant, toutes les preuves disponibles suggèrent que si vous êtes une fille, et que vous participez à cette étude vous avez plus de probabilité de mourir qu’un garçon. La seule justification d'une grande étude pilote de mise en œuvre serait que l'augmentation de la mortalité chez les filles soit un hasard. La probabilité est < 0,001. Mais ça pourrait l'être. Mais étant donné cette situation, il est indispensable de suivre de très près les enfants pour la mortalité.

Le dernier développement est inquiétant : l'étude pilote devait avoir 720 000 enfants et durer 4 ans pour capter un effet négatif du vaccin sur la mortalité des filles. Mais maintenant, après la pression de GSK, L'OMS a décidé de prendre une décision déjà après 2 ans.

https://www.who.int/immunization/sage/meetings/2019/april/1_Session_7_Framework_for_Policy_Decision_on_RTSS-AS01_-_MALARIA_VACCINE_(for_print).pdf

Outre les problèmes, les premiers rapports de l'étude pilote indiquent que la couverture vaccinale est très faible. Jusqu'à présent au Malawi, la première dose a atteint environ la moitié des enfants ciblés, ce qui a encore réduit le pouvoir de détecter toute différence de mortalité. 

https://nypost.com/2020/01/17/first-ever-malaria-vaccine-tried-out-in-babies-in-3-african-nations/

L'absence d'enregistrement des participantes, l'enregistrement des décès potentiellement défectueux, le court suivi et la faible couverture agissent tous dans le même sens : il est difficile de documenter l'augmentation de la mortalité chez les filles vaccinées.

Le risque réel est que l'étude pilote ne trouve aucune augmentation de la mortalité féminine en raison de ces lacunes, et que le vaccin sera donc approuvé pour une utilisation en Afrique même s'il a des effets non spécifiques nocifs pour les filles.

Que fera l’OMS pour réparer cette situation ? Qui traduira GSK en justice ?